Articles de brasseur-vansnick

  • Les Valoristes - l'équipe

    Dans leur domaine, pas de doute, c'est bien eux les meilleurs ! Ils prennent vos anciens faits divers, vos gros titres usagés, vos scoops périmés, vos infos du jour d'hier et d'avant-hier, vos fonds d'articles de fond, vos actualités brûlantes si vite refroidies... Ils prennent. Et ils vous concoctent avec ça un spectacle à leur sauce, dont vous me direz des nouvelles. Alors accrochez-vous. Si vous pensez en avoir fini avec les gazettes, les JT et les dépêches d'agence de ce début d'année 2016, les voilà remixés en jeux, en chansons, en sketches par notre équipe de choc...

    J'ai ici devant les yeux une photo de nos valeureux Valoristes. Voyez comme ils ont fière allure !

     

    Les Valoristes - photo févr.2016

     

    Ils ont chaussé leurs plus belles lunettes pour scruter vos médias préférés (et les autres aussi). Vous pouvez leur faire confiance : rien ne leur a échappé... et ils feront feu de tout bois pour vous divertir !

     

    avec

    Benjamin Ballion / Jérémie Brasseur

    Roberto Carbone / Chiara Cristelli / Zoé Koller

    Nathalie Mauroy / Nathalie Nihoul

    Etienne Troquet (guitare et chant) / Sandrine Vansnick

     

    et la participation de Mélanie Beaudoint /Sophie Demoustiez

    Marie-Françoise Glineur / Luc Jonckheere

     

    les Valoriste

     

    le 16 avril 2016 à 20h 

    Les Valoristes

    café-théâtre sketches, jeux, animations, chansons

    Maison de Quartier - Allée des Oiseaux n°30 à Mons

     

    entrée : 5 €

    réservations nécessaires :

    0497 125 805

    ateliertheatre.mons@outlook.com

     

     

     

     

  • sketch - Tentative d'évasion

     

    La guide, achevant une explication devant un tableau. – ... Ce qui explique que Léonard de Vinci soit considéré aujourd’hui encore comme un des plus grands génies de l’histoire.

    Claude. – Moi, la Joconde, je lui trouve un air constipé.

    Elise. – Claude ! Tu pourrais avoir un peu de respect quand même !

    Patricia. – Cette petite toile doit valoir à elle seule le PIB du Gabon.

    La guide. - Nous allons maintenant continuer dans la galerie. Il y a par ici un petit Caravage tout à fait extraordinaire… (La guide emmène le groupe. Rudy tire Laure-Anne à l’écart.)

    Rudy. – Dites-moi la vérité, Laure-Anne, avouez que c’est un peu monotone, toutes ces peintures… Ces visages figés, ces paysages immobiles, ces cadres ternis par le temps… Croyez-moi, ce n’est pas bon du tout pour ce que vous avez !

    Laure-Anne. – Oui, c’est vrai… Sans doute…

    Rudy. – Ce qu’il vous faut c’est un peu de bon temps au grand air au bras d’un gentilhomme.

    Laure-Anne. – Vous ?

    Rudy. – Mais oui, Laure-Anne. Oui !... Ecoutez, la guide ne nous lâchera pas ! mais faites ce que je vous dis. Après le Radeau de la Méduse, je détournerai l'attention sur un autre Géricault, vous aurez quelques secondes. Profitez-en pour plonger, faufilez-vous derrière le Rodin. Vous n'aurez plus que quelques mètres à faire et vous serez tirée d'affaire. Dans la galerie des antiquités grecques, vous serez en sécurité. Je vous retrouve devant la Vénus de Milo.

    La guide, revenant sur ses pas. – Ah, vous êtes là, vous deux. Vous avez bien failli nous perdre… à vous attarder comme ça devant la Joconde. Et les Primitifs flamands ? Et les Impressionnistes ? ça ne vous intéresse pas ?

    Rudy, à contrecœur. – Si, si.

    Laure-Anne, sans conviction. – Beaucoup.

    La guide. - Heureusement que je veille. En dix ans de métier je n’ai jamais perdu un seul touriste, jamais un seul. (Elle les prend par la main et les entraîne, fièrement.) Allez, en avant, marche. Je vous garde à l’œil.

  • bientôt - Les Valoristes

    Ceci est un avis de résurrection. L'esprit de PlayLab est vivant ! A peine rangé le coffre à jouets, l'envie nous a pris de poursuivre l'aventure. Lors de notre spectacle du mois de décembre dernier, nous avons commencé à explorer un nouveau type de soirée théâtre, marquée par une plus importante interaction avec le public et sous le signe du jeu, de l'humour et de la fantaisie. En compagnie de Roberto et Chiara, Despina et Etienne, Zoé et Nathalie, nous avons voulu remettre le couvert. Réunis autour de quelques bouteilles d'eau minérale (dont une excellente cuvée tout droit importée d'Italie), nous préparons un nouveau café-théâtre. Quelques amis nous rejoignent dans cette joyeuse équipée.

    L'objectif que nous nous sommes fixé : transformer en spectacle vos faits d'actualité usagés. Nous laissons libre court à notre créativité... et, à la faveur des vertus euphorisantes de l'eau minérale, nous nous embarquons dans des délires rocambolesques ! Nous vous donnons d'ores et déjà rendez-vous le 16 avril prochain, à 20 heures, à la Maison de Quartier de Mons. Les réservations ne sont pas encore ouvertes (patience, patience !) mais vous pouvez déjà bloquer la date dans votre agenda et en parler autour de vous.

     

    Sandrine et Jérémie

     

     

  • sketch - Seize ans

     

    Dialogue librement inspiré du fait divers "Pennsylvanie (USA) - Un avion vide ses toilettes au-dessus de la fête d'anniversaire" (metronews.fr / 21-05-2015). Sketch produit dans le cadre de l'atelier Ecriture théâtrale organisé par Le Théâtre de l'Éveil et animé par la comédienne professionnelle Sarah Brahy, de septembre à décembre 2015 à La Fabrique de Théâtre (La Bouverie).

     

     

    Prologue

    Une radio, à l’heure du bulletin d’informations.

     

    Le journaliste. – Après-midi cauchemardesque en Pennsylvanie : quarante personnes étaient rassemblées dimanche dans un jardin privé de Levittown ; Jessica, qui fêtait ses 16 ans, avait souhaité réunir ses amis pour souffler ses bougies. Mais la fête a été de courte durée.

    La victime sous le choc. – Nous allions couper le gâteau et soudain c’est tombé du ciel : un truc brun dégoûtant, il y en avait partout !

    Le journaliste. – Cinq avions survolaient le jardin à l’heure du drame. La famille de Jessica pense que l’un d’eux n’a pas hésité à vider ses toilettes au-dessus de leurs têtes. L’Administration Fédérale de l’Aviation a ouvert une enquête.

    Le présentateur / Le journaliste. – Et c’est la fin de cette édition. Merci de nous avoir suivis ; bon appétit si vous passez à table.

     

    Scène I / Trois jours plus tôt

    Dans la chambre à coucher de Joe et Dolorès.

     

    Dolorès. – On est dans le mur !

    Joe. – Jason s’occupe du gâteau : il a trouvé une pièce montée cranberry et beurre de cacahuète, comme veut la petite. Linda va accrocher les seize bouquets de roses rouges aux arcades du perron. Taylor amène la sono.

    Dolorès. – Et les chevaux, on a des nouvelles pour les chevaux ?

    Joe. – Pour l’instant, on n’en a que dix.

    Dolorès. – Mais Jessica en veut seize.

    Joe. – Je sais, je sais. Je fais mon possible mais c’est pas facile. Après tout, dix chevaux blancs, c’est déjà pas mal !

    Dolorès. – Elle va avoir seize ans, Joe. Seize ans ! Toi évidemment tu ne peux pas savoir ce que c’est.

    Joe. – Je ne peux pas savoir… Comment ça ?

    Dolorès. – Parce que tu es un homme. Mais une femme c’est pas pareil. On est belle, on est Américaine : on veut être la reine du bal, c’est naturel. Alors, excuse-moi Joe mais s’il faut seize chevaux blancs pour faire le bonheur de Jessy le jour de sa garden-party c’est notre devoir de remuer ciel et terre…

    Joe. – Okay, j’ai compris. J’essaierai de voir avec Bill. Je l’ai bien dépanné pour le baby shower de sa gamine, il peut bien faire ça pour moi.

    Dolorès. – Et pour le jardin ?

    Joe. – Quoi encore ?

    Dolorès. – Quand est-ce que tu vas passer la tondeuse ?

    Joe. – Mais… j’ai tondu vendredi passé !

    Dolorès. – Oui mais ça commence à repousser. Regarde, on voit des touffes partout.

    Joe. – Va au diable avec tes touffes !

    Dolorès. – Espèce d’égoïste ! ta fille, ta propre fille, celle que tu prétends aimer par-dessus tout…

    Joe. – Eh bien, quoi, ma fille ? Elle n’est pas à l’article de la mort, hein…

    Dolorès. – Elle va avoir seize ans. Joe. Je te signale qu’on ne vit pas au fin fond de la brousse : on vit en Pennsylvanie. Et une fille qui va avoir seize ans en Pennsylvanie ça a des besoins.

    Joe. – Ah oui ?

    Dolorès. – L’anniversaire de ses seize ans, elle doit pouvoir dire que la vie est merveilleuse, que c’est le plus beau jour de sa vie. Je ne veux pas qu’elle ait à rougir devant ses copines parce qu’elle aura dû se contenter d’une fête minable dans une espèce de terrain vague.

    Joe. – Une espèce de terrain vague ? C’est de mon jardin que tu parles ?

    Dolorès. – Oh, Joe… Joe ! Sois un bon mari, sois un bon père, sois un bon Américain : va et tonds-le, ce putain de jardin.

    Joe, après un soupir. – Tu as raison, Dolly. Je suis fier d’être Américain et de pouvoir tondre mon putain de jardin. Ma fille va avoir seize ans : qu’un tapis de soie porte ses pas et qu’une pluie de pétales de roses s’épanche sur sa blonde chevelure.

     

    Scène II / Deux minutes avant l’impact

    Dans le jardin familial. Jessica (16 ans !) et son amie Pamela.

     

    Pamela. – Ah, j’adore, ma chérie ! j’adore ta robe… Et ton collier ! c’est des vrais diamants ?

    Jessica. – Ouais, cent pour cent !… Ça fait pas trop… ?

    Pamela. – Mais non, ma chérie, tu plaisantes ! Tu es ma–gni–fique. Et toutes ces fleurs… Et ces chevaux blancs, je dis carrément Ouah !

    Jessica. – Bah, les chevaux en fait, je voulais des tresses colorées dans leurs crinières, genre My Little Pony, tu vois. C’est mon vieux qui n’a pas capté l’essence du truc.

    Pamela. – Attends, ton père il est trop mortellement cool !

    Jessica. – Ah ouais ? Tu ne l’as pas vu tout à l’heure avec Tiffany. Comme il m’a mis la honte quand il lui a demandé où était sa mère. J’en peux trop plus de ce type. (Sanglot.)

    Pamela. – Pleure pas, poulette. Tu vas ruiner ton mascara.

    Jessica. – Dis pas ça : deux heures, j’ai passées à me maquiller. Avec mon crétin de père qui tambourinait à la porte pour entrer dans la salle de bains. J’ai cru que j’allais devenir dingue.

    Pamela. – Respire à fond, Jessy, tout est sous contrôle, là… On devrait aller dire bonjour à Monica, elle vient d’arriver.

    Jessica. – Monica ? Attends, je sais même pas pourquoi je l’ai invitée. Je peux plus la sentir, cette dinde ! Si elle me postillonne dessus ne serait-ce qu’encore une fois, je lui arrache les yeux.

    Pamela. – Je comprends mais fais un effort, je t’en prie : rappelle-toi que sa sœur est capitaine des pom-pom girls.

    Jessica. – Oh, c’est vrai ! quel cauchemar. Bon, on y va. (Gros soupir.) Ah, Pamela… Avoir seize ans, je te jure, ça craint !

    Pamela. – Je sais, ma cocotte, je sais. Tu dois prendre beaucoup sur toi… Mais regarde, ta fête est démentielle. C’est une journée splendide : sûr qu’elle va rester dans les annales.

     

    Noir. Puis, tout à coup, hurlements hystériques dignes d’une apocalypse.

     

    Jérémie Brasseur, 7 novembre 2015 

  • idée - théâtre du matin

    Et si le théâtre était (aussi) une activité du matin ? L'idée nous trotte dans la tête depuis quelque temps. Sandrine et moi, nous avons constaté à quel point les séances d’atelier nous redonnaient la pêche. Même quand on arrive un peu patraque en début de séance. Tous ces jeux, tous ces fous rires… C’est même parfois difficile après ça d'aller se coucher et de s’endormir comme si de rien n’était. Et pourtant, il faut se lever le lendemain matin ! Je sais que certains participants ont fait la même constatation. D’autres ne se privent pas pour prolonger la soirée autour d’un verre… ou deux.

    De quoi réfléchir sérieusement à la possibilité d'organiser un groupe en matinée. Nul doute que le théâtre pourrait donner du tonus (et des sujets de conversation) pour tout le reste de la journée. Bon, la réflexion en est encore à ses prémices ; il y a encore beaucoup de chemin avant que cela se concrétise... Mais j'avais envie d'en parler tout de même. Le groupe d’initiation au théâtre qui commence la semaine prochaine est déjà complet ; quelques noms commencent à s’aligner sur la liste d’attente.

    Si l’idée vous inspire, si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à nous en faire part, via l’onglet Contact.

    Jérémie - 22/01/2016

  • sketch - Range !

     

    Dialogue produit dans le cadre de l'atelier Ecriture théâtrale organisé par Le Théâtre de l'Éveil et animé par la comédienne professionnelle Sarah Brahy, de septembre à décembre 2015 à La Fabrique de Théâtre (La Bouverie).

     

    La femme. – C’est chez toi ici ?

    L’homme. – Oui, c’est chez moi. C’est… mon petit nid douillet. Voilà, voilà…

    La femme. – Tu pourrais ranger, non ?

    L’homme. – Ranger ?

    La femme. – Tu sais, ranger : mettre de l’ordre, nettoyer, déposer les affaires à leur place… Ce genre de choses.

    L’homme. – Oui… Oui, sans doute… Ce serait peut-être bien, oui.

    La femme. – Ta contrebasse, là…

    L’homme. – Ma contrebasse ? Quelle contrebasse ?

    La femme. – Ta contrebasse, là ! près du gorille empaillé… à côté du char à voile… sous le ventilo. Mais enfin, là… là ! à gauche, sur la pile de vieux caleçons !

    L’homme. – Ah, cette contrebasse ?

    La femme. – Oui, cette contrebasse.

    L’homme. – C’est une pompe à vélo.

    La femme. – Eh bien, qu’est-ce qu’elle fout là, ta pompe à vélo ? Qu’est-ce qu’elle fout là ?

    L’homme. – Je ne sais pas, elle traîne…

    La femme. – Voilà, elle traîne. C’est ce que je voulais t’entendre dire. Elle traîne ! Alors, tu la ranges.

    L’homme. – Mais où veux-tu que je la mette ?

    La femme. – Je ne sais pas, moi. Avec ta collection de vieux cartons de bière, peut-être…

    L’homme. – Comment tu sais que je collectionne les cartons de bière ?

    La femme. – Je te connais comme si je t’avais fait.

     

    Jérémie Brasseur, 25 septembre 2015 

  • inscriptions janvier 2016

    A ce jour (07/01/2016), une vingtaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour notre atelier initiation au théâtre dont la nouvelle session commence le 28 janvier prochain. Quel succès ! Nous sommes ravis de voir tant de gens attirés pour le théâtre amateur. Certains montrent une grande détermination déjà, d'autres semblent encore un peu réticents à franchir le pas. Les messages de prise de contact témoignent souvent de craintes ou de doutes : "Je ne me sens pas vraiment comédien !", "En fait, je suis quelqu'un de plutôt réservé", "C'est un projet que j'ai depuis longtemps, mais que je n'ai jamais osé concrétiser", "Est-ce que je ne suis pas trop vieux ?", ...

    On voudrait briser certains préjugés qui freinent certains ( - et comme c'est dommage !). Alors, vraiment, croyez-nous :

    • Non, il ne faut pas avoir des talents innés pour intégrer un groupe d'atelier et pour prendre du plaisir aux activités proposées ;
    • non, participer à l'atelier ne vous bouffera pas tout votre temps (on sait que beaucoup de gens aujourd'hui ont des vies bien remplies : à l'atelier, on y est attentifs !) ;
    • non, la participation à un spectacle n'est pas obligatoire (on peut participer à l'atelier simplement parce qu'on aime ce rendez-vous hebdomadaire, avec ses petits jeux et ses fous rires partagés. Il est toujours possible, si on ne se sent pas prêt à monter sur scène, de poursuivre l'initiation en changeant de groupe en cours d'année) ;
    • non, on n'est jamais trop vieux pour commencer. On ne vous fera pas courir le marathon ni mémoriser de longues tartines. L'atelier est destiné aux adultes (à partir de 18 ans) et sans limite d'âge, nous aimons brasser les générations. Cela apporte réellement un plus au groupe ;
    • non, si vous venez le 28 janvier vous n'êtes pas embarqué d'office dans l'aventure. La première rencontre vous permet de découvrir notre petit monde. Venez, la séance est gratuite ! On vous propose un échantillon de nos activités pour que vous puissiez vous rendre compte de ce que c'est et puis, après, on ne vous en veut pas si ça ne vous convient pas. Si vous choisissez plutôt de commencer la guitare, la danse moderne ou le club d'impro (tout ça c'est super aussi !)... Peut-être plus tard, qui sait...

     

    Merci à vous qui venez flâner sur ce site et qui vous intéressez à nos activités. Vous êtes plus nombreux qu'on n'osait l'espérer ! Revers de la médaille : suite à la quantité de demandes, nous devrons clôturer les inscriptions très vitesans doute déjà le 28 janvier. Au-delà d'un certain nombre de participants, il est difficile d'animer efficacement les activités. Mais bien sûr, nous ouvrirons un nouveau groupe d'initiation au théâtre plus tard dans l'année, probablement fin septembre 2016.

    Nous, en tout cas, on a hâte de démarrer une fois de plus. Chaque groupe est si différent, cela nous embarque dans des explorations nouvelles et nous remplit de fabuleux souvenirs. A bientôt !

     

    Sandrine et Jérémie

     

    note 13 janvier 2016 : Désolé, le groupe est complet. Dès que possible, nous fixerons un rendez-vous pour constituer un nouveau groupe. Un peu de patience, donc... 

  • sketch - Chats et souris

     

    Dialogue produit dans le cadre de l'atelier Ecriture théâtrale organisé par Le Théâtre de l'Éveil et animé par la comédienne professionnelle Sarah Brahy, de septembre à décembre 2015 à La Fabrique de Théâtre (La Bouverie).

     

    Le chat noir. – Qu’est-ce qu’on fait ce soir ? On sort chasser les souris dans les fossés ?

    Le chat blanc. – Oh tu sais, on a déjà fait ça hier. Et avant-hier. Et toute la semaine dernière…

    Le chat noir. – Qu’est-ce que tu proposes alors ?

    Le chat blanc. – Fais ce que tu veux, moi je vais dormir sur le clavier du PC.

    Le chat noir. – Bonne idée. Si tu prends le clavier, moi je m’attaque à la souris.

    Le chat blanc. – Les souris c’est une obsession chez toi, mon vieux ! Tu devrais consulter.

     

    La souris noire. – Qu’est-ce qu’on fait ce soir ? On sort narguer les chats dans les taillis ?

    La souris blanche. – Oh tu sais, je suis vannée. Je crois que je vais aller me coucher.

    La souris noire. – On pourrait quand même aller faire un tour dans la chambre du petit Quentin. Hier, il avait une dent qui ballotait.

    La souris blanche. – Eh bien, vas-y si ça te chante. Au cas où, prends une pièce à mettre sous l’oreiller.

    La souris noire. – D’accord. C’est complètement con mais bon, c’est la tradition !

     

    Jérémie Brasseur, 17 octobre 2015 

  • citation - Bernard Grosjean

    Le modèle de l’atelier théâtre

    Dans son livre Dramaturgies de l’atelier-théâtre, le comédien, metteur en scène et dramaturge Bernard Grosjean présente schématiquement deux modèles, celui du théâtre professionnel et celui de l’atelier théâtre, pour en souligner les différences fondamentales. Un texte dense qui, à l'atelier, nourrit notre pratique depuis plusieurs années.

     

    [Présentons] d’abord (en le caricaturant pour simplifier) le modèle fréquent de production d’un spectacle professionnel : le metteur en scène choisit un texte, effectue la distribution en fonction de la vision qu’il a du texte et en fonction d’emplois ou d’affinités. Les répétitions commencent texte su, avec des mises en place rapidement menées. Chaque rôle fait l’objet d’une approche psychologique, dans une relation de face-à-face entre l’acteur et le metteur en scène et dans une certaine concurrence entre les rôles. Viennent peu à peu s’ajouter les décors, les costumes et les lumières, avant que ne commencent les filages.

    Ce mode d’approche ne semble cependant pas le plus approprié dans le cadre de l’atelier. En effet il ne permet pas de prendre en compte un groupe dans sa globalité, il enferme prématurément les acteurs dans un moule étroit, en faisant fi de leur créativité et de leurs propositions, il génère des phénomènes de concurrence malsaine et il repose presque exclusivement sur le texte.

    D’autres modes de production semblent d’emblée beaucoup plus proches des préoccupations de l’atelier, car ils sont fondés sur des recherches collectives, où le comédien est considéré comme membre d’une troupe, acteur et cocréateur du spectacle.

    « Chez nous, le metteur en scène ne pénètre pas au théâtre avec son idée ou sa vision, un plan des mises en place et des décors tout faits. Son désir n’est pas de réaliser une idée. Sa tâche consiste à éveiller et à organiser l’activité productive des comédiens. Pour lui, répéter ne signifie pas faire avaler de force quelque conception arrêtée a priori dans sa tête, mais mettre à l’épreuve. » (Bertolt Brecht)

    Cette manière de faire permet d’accéder à un projet où le théâtre peut enfin devenir « un moyen pédagogique de construction de la personne dans une collectivité, de retour sur soi et d’ouverture aux autres, de développement individuel et solidaire en empruntant les formes d’expression artistique les plus abouties. » (Philippe Meirieu) Un projet également susceptible de générer chez les spectateurs un plaisir de jamais vu, car de tels spectacles peuvent parfois avoir la saveur de l’inédit.

    Bernard GROSJEAN, Dramaturgies de l’atelier-théâtre, éd. Lansman, 2009, page 82

  • sketch - Compte à rebours

     

    Dialogue produit dans le cadre de l'atelier Ecriture théâtrale organisé par Le Théâtre de l'Éveil et animé par la comédienne professionnelle Sarah Brahy, de septembre à décembre 2015 à La Fabrique de Théâtre (La Bouverie).

     

    Un. – Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un.

    Deux. – (Pas de réaction.)

    Un. – Eh bien, alors ?

    Deux. – Oui ?

    Un. – Tu y vas ?

    Deux. – Excuse-moi. J’ai toujours eu du mal à me lancer. C’est pour ça.

    Un. – Mets-y un peu du tien, merde ! On va pas y passer la nuit.

    Deux. – Oui, okay. Vas-y, recommence : cette fois, je suis prêt.

    Un. – Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un.

    Deux. – Et zéro ? Tu ne dis pas : zéro ?

    Un. – Non mais t’ es chiant, là. Écoute, je compte et quand je ne compte plus, tu causes. Point barre. Zéro ou pas zéro, on s’en fout.

    Deux. – Bon, ça va. Faut pas s’énerver.

    Un. – C’est toi qui me cherches. Allez, tu te réveilles et tu fais ton truc. Je ne compte plus ; de toute façon, ça ne sert à rien.

    Deux. – Tu ne comptes plus ?

    Un. – Non.

    Deux. – Alors comment je vais savoir quand je dois … ?

    Un. – Tu te démerdes !

    Deux. – Ah oui, mais alors du coup c’est foireux parce que moi je reste là, sans repère, sans point d’accroche. Seul. Seul dans le vide angoissant des instants qui précèdent…

    Un. – Tu me soûles, Jean-Marc. On la fait, cette vidéo, ou on ne la fait pas ?

    Deux. – On la fait.

    Un. – Je te laisse trois secondes. Après, je me casse.

    Deux. – Oui mais…

    Un. – Une !

    Deux. – Simplement, pour savoir…

    Un. – Deux !

    Deux. – (se replaçant rapidement devant la caméra et débitant son texte dans l’urgence) « Jean-Marc, 47 ans, à la recherche de l’âme-sœur. Je suis prêt à envisager l’engagement matrimonial à plus ou moins court terme. Disons, dans les vingt ou trente ans qui viennent… »

     

    Jérémie Brasseur, 25 septembre 2015 

  • PlayLab - jouets rangés

    Eh voilà !

    Notre spectacle PlayLab est derrière nous. Nous avons vécu de belles soirées de complicité, de jeu et de fantaisie. Sur notre site, vous pouvez trouver l’album qui reprend quelques photos prises le jour de la générale par Johan Dehon. Sur la page Nos spectacles, vous pouvez télécharger le programme complet. Sur la page Sketches maison, vous pouvez lire ou relire Mon Petit Poney et Hochet.

    Nous avons eu droit à un chouette compte-rendu de notre spectacle dans Bolome de Messines, le Trimestriel d’Informations et d’Echanges du Bétième Montois de Messines, n°46 (octobre-novembre-décembre 2015), pp.8 & 9 :

     

    Théâtre - Nous sommes entrés dans le «Play Lab»

    C’était deux jours avant la Saint-Nicolas. Il était temps de visiter le laboratoire de l’Atelier Théâtre, à la Maison de quartier à Mons (Allée des Oiseaux 30). Une « soirée interactive sur le thème du jouet, organisée comme un feu de camp », précisait la publicité et elle n’était pas mensongère.

    Onze animateurs, dont les deux responsables de l’Atelier théâtre, pour créer l’ambiance au rythme d’un poulain gambadant dans un pré, pendant les deux parties du spectacle. Les jeux de société adaptés pour la circonstance étaient à peine présentés par Jérémie que les membres de la troupe sortaient des coulisses pour mettre dans le coup les spectateurs ou pour provoquer le rire. Pour leur donner le temps de reprendre leur souffle, Etienne Troquet s’installait avec sa guitare, parfois suivi par Despina Pezouvanis, pour interpréter une de ses compositions ou lancer un clin d’œil à un artiste qui aurait été amusé de se voir brocardé comme cela. Le public ne pouvait s’empêcher de pouffer de rire devant le déguisement, tout en appréciant l’évocation musicale.

    Mais le « Play Lab », c’était aussi – et surtout – donner aux participants de l’Atelier théâtre la chance d’expérimenter la scène du trac au bonheur, d’entendre les applaudissements du public et ainsi de montrer le chemin parcouru ensemble depuis quelques mois. Magalie Baudouin, Chiara Cristelli, Zoé Koller, Alicia Markey, Nathalie Mauroy, Harriet Webster et Roberto Carbone - avec Sandrine Vansnick, co-animatrice de l’atelier, comme « cheffe de la bande », ont théâtralisé un grand nombre de jouets mis en sketches variés – du coup de flash à la saynète enchaînant les rebondissements – par Jérémie Brasseur.

    Quelle joie de découvrir deux playmobils marionnettes manipulés par deux playmobils humains, de se payer une bonne tranche de rire sur le compte de la télé et au détriment d’une certaine presse à potins, de suivre le va-et-vient du yoyo tout en évitant le ramasser le bilboquet sur la tête, de retrouver Magalie et Harriet jouant avec un canard de bain… Bien sûr, ils sont encore débutants après dix mois d’atelier, mais leur enthousiasme fait vite oublier les inévitables hésitations.

    Une nouvelle fois (car ce n’est pas le premier spectacle de l’atelier), cette soirée confirme que c’est toujours un bonheur de passer un moment avec des « comédiens amateurs en devenir ».

    J-P. B.

    Le Bétième Montois de Messines sur le web

     

     

    Lire la suite

  • PlayLab - Boomerang

    Claudine. – Dis, ça fait vingt minutes qu’on attend ; il ne reviendra plus.

    Daphné. – Mais si, laisse-lui une chance. Ça revient toujours, c’est connu.

    Claudine. – Là, quand même... tu t’es peut-être fait refiler de la camelote.

    Daphné. – Arrête, je l’ai eu cent dollars australiens à un Aborigène dans une boutique à Sydney.

    Claudine. – Tu aurais peut-être mieux fait d’acheter un didgeridoo. Au moins, on peut tester sur place.

    Laure arrive, un énorme bandage autour du crâne.

    Claudine. – Bonjour Laure. Tu fais une balade ?

    Laure. – Ne dis surtout pas que c’est bon pour la santé. J’étais sortie prendre l’air et pan ! ce machin m’est rentré dedans. (Elle montre le boomerang.)

    Daphné, prenant le boomerang. – Ben voilà. (À Claudine :) Je te l’avais bien dit qu’un boomerang ça revient toujours.

    Claudine. – Il a pris son temps.

    Daphné. – Ce n’est quand même pas sa faute si Laure met sa tête en travers de son chemin !

    Lire la suite

  • Le Dindon

    Le G Théâtre a monté cet automne Le Dindon, un vaudeville délirant de Georges Feydeau. Sandrine faisait partie de la distribution et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle s’est éclatée. Elle tenait le rôle de Maggie, la maîtresse anglaise un tantinet envahissante. À ses côtés, on a retrouvé avec plaisir un ancien participant de notre atelier : Logan Lenclu (promotion 01, Les MonsQuetaires) dans le rôle du groom atteint d’une terrible crise de… puberté, puis dans celui du commissaire espagnol (Caramba!).

    Si vous avez manqué ce spectacle, sachez qu’il y a une reprise programmée le samedi 20 février 2016 au Centre Culturel de Dour. Ci-dessous, vous trouverez quelques-unes des très belles photos prises par Johan Dehon (promotion 03, Le Pactole / promotion 04, Bibliothèque), dont vous pouvez aussi admirer le talent sur le web : www.dphotography.be.

     

     

    Lire la suite

  • PlayLab - Corde à sauter

     

    Devant la caméra, Julie saute à la corde. La réalisatrice, hors champ, observe la scène, prête à intervenir.

     

    Julie. – « Fini la constipation et les ballonnements. Avec Pettovan, je saute de joie comme avant. »

    La réalisatrice. – Coupez !... Julie, c’était bien. Mais on ne sent pas assez la joie. On doit voir sur ton visage que Pettovan t’a vraiment libérée d’un poids. Tu vois ce que je veux dire ?

    Julie. – Oui, oui.

    La réalisatrice. – Bon, on la refait. Attention, moteur. Clap Pettovan, cinquante-deuxième.

    Julie. – « Fini la constipation et les ballonnements. Avec Pettovan, je saute de joie comme avant. »

    La réalisatrice. – Coupez !... Non, ce qu’il y a c’est que c’est la Julie avec son côté femme rangée que j’entends. Et ce que je veux, moi, c’est la Julie qui retrouve ses instincts de petite fille de huit ans qui s’éclate avec sa corde à sauter.

    Julie. – « … de huit ans », okay.

    La réalisatrice. – Tu comprends la philosophie du truc : Pettovan ce n’est pas seulement un laxatif, c’est carrément un élixir de jeunesse.

    Julie. – Ah ouais, d’accord.

    La réalisatrice. – On reprend. Pettovan, cinquante-troisième.

    Julie. – « Fini la constipation et les ballonnements. Avec Pettovan, je saute de joie comme avant. Youpee ! »

    La réalisatrice. – Coupez !... Julie, j’ai dit un élixir de jouvence, je n’ai pas dit une pilule d’ecstasy. Alors, tu laisses tomber les youpee, les yéyé et autres pou pou pidou, tu t’en tiens au texte. – Et mets un peu plus de tonus dans ton coup de poignet, parce qu’on voit que tu mollis.

    Julie. – Ah, pardon. Je vais essayer.

    La réalisatrice. – C’est ça. Essaye. On y retourne. Moteur ; Pettovan, cinquante-quatrième.

    Julie. – « Fini la constipation et les ballonnements. Avec Pettovan... »  (Elle trébuche dans la corde.) Et merde !

    La réalisatrice. – Stop ! Coupez, coupez, coupez !... Julie, qu’est-ce que tu me fais ? Tu as vu comment tu sautes ? On dirait une vache. C’est aux éleveurs bovins qu’on va pouvoir fourguer du Pettovan !

    Julie. – Ah oui ? Eh bien tu sais quoi, tu peux te le foutre au cul ton Pettovan. (Elle part.)

    La réalisatrice. – Au cul ? Mais… c’est un traitement par voie orale.

    Lire la suite

  • PlayLab - l'argument

    Et si le théâtre était un jeu ?

    Un jeu qui permet à quelques copains de se retrouver un soir par semaine, d’oublier les tracas quotidiens, de s’inventer des délires, et puis de venir partager ses instants de complicité et de rigolade avec un public d’amis, de parents, de collègues, de connaissances…

     

    PlayLab - l'argument

    Avec PlayLab, on s’est lancés dans une entreprise un peu expérimentale. Comme une recette de cuisine qu’on réinventerait à notre sauce. On a mis là-dedans des jeux, des sketches, des chansons… Le tout mixé et mijoté pour le public, invité à mettre lui aussi la main à la pâte. Sur scène, l’équipe est composée de onze camarades, unis par les nombreux fous-rires qui ont animé les séances d’atelier depuis le mois de janvier dernier.

    Le thème des jouets nous convient merveilleusement bien. Il nous ramène à cette insouciance enfantine qui nous manque tellement dans la vie quotidienne et que le jeu théâtral nous permet de retrouver le temps d’une soirée ! Si PlayLab raconte de folles histoires de yoyos, de frisbees, de Lego, de cerfs-volants, cela touche aussi finalement à notre besoin de légèreté, à notre quête de liberté et de fantaisie.

     

    PlayLab - l'argument

    Lire la suite

  • PlayLab - Tamagotchi

    Charlotte. – Je me souviens… Quand j’avais six ans, j’avais un tamagotchi. Kiwi, je l’avais appelé. Qu’est-ce qu’il me faisait rire, avec ses petits bruits comiques !

    La psy. – Vous l’aimiez beaucoup.

    Charlotte. – Oh oui ! (Elle éclate en sanglots.)

    La psy. – C’est bien, laissez venir. Il y a des mouchoirs ici; tenez. ... Dites-moi ce qui s’est passé.

    Charlotte. – Un jour, je l’ai oublié chez mon père. Et ce salaud l’a laissé crever de faim.

    La psy. – De là votre croyance que les hommes représentent un danger potentiel pour ce qui vous est cher et votre besoin compulsif de placer des pièges-à-bites partout autour de votre appartement.

    Charlotte. – Il l’a tué !... Il a tué mon Kiwi !... Le salaud !

    La psy. – Reprenez un mouchoir, ça va aller… (À part :) Foutus jouets japonais : on savait bien que ça nous préparait des générations de timbrés.

    Lire la suite

  • PlayLab - la préparation

    Il reste un mois avant le grand show. Autant dire que les travaux de préparation vont bon train. Ça bosse, ça bosse ! vous ne pouvez pas imaginer. On ne ménage pas nos efforts et c’est dans la sueur et dans le sang que nous peaufinons nos jeux et nos sketches… (Enfin, c’est plutôt dans les perruques et les costumes à paillettes, pour dire la vérité toute vraie !)

     

    PlayLab 29 10 2015 (1)

    Despina - Roberto - Jérémie - Harriet - Alicia

    Zoé - Magalie - Nathalie

     

    Hier encore, jeudi, jour de notre séance hebdomadaire, l’équipe était à pied d’œuvre pour le shooting photo, une étape utile autant qu'agréable dans la préparation du spectacle. Pour le reste, ça avance bien : les textes sont déjà presque tous mémorisés et les jeux en bonne voie d’être au point. Il nous reste à investir ce vaste espace que nous offre la grande salle de la Maison de Quartier de Mons. Une belle chance, mais aussi un challenge pour les cordes vocales et pour la disposition scénique !

     

    PlayLab 29 10 2015 (2)

    Zoé - Nathalie

     

    PlayLab s’annonce bien. Ce spectacle conçu comme une soirée de détente, en interaction avec le public, réserve aux spectateurs beaucoup de surprises, de jeux, de chansons et de rires. Dans le riche foisonnement d’idées, on fait un petit tri, on termine de tout goupiller, on huile bien la machine... et la fête sera mémorable !

     

    PlayLab 29 10 2015 (3)

    Alicia - Despina

  • PlayLab - Toupie

    Valérie. – Ma chère Sonia, nous voilà de nouveau à l’antenne à l’occasion de ce 32e tournoi interrégional de lancer de toupie. Avec en ce moment même un très beau départ de la toupie challenger de l’écurie Popaul.

    Sonia. – Oui Valérie. C’est une performance que je qualifierais, en effet, de très aboutie. Tant d’un point de vue du style que du point de vue de la tournure des choses.

    Valérie. – Exactement. Puisque, comme on le voit à l’écran, la toupie continue de tourner. Alors, justement, ma chère Sonia, on pourrait faire le point peut-être pour les spectateurs qui nous rejoignent et qui ne seraient pas familiers de ce… de ce sport, - n’ayons pas peur des mots, puisque le lancer de toupie est classé officiellement parmi les sports. Sonia, en deux mots, le principe de la compétition ?

    Sonia. – Eh bien, donc, Valérie, il s’agit pour la toupie de tourner sur son axe dans un mouvement – pourrait-on dire – giratoire. On entend parfois : mouvement rotatif. Ce qui à mon sens est discutable, mais je ne veux pas polémiquer ici.

    Valérie. – Ce n’est pas l’endroit.

    Sonia. – Ce n’est pas l’endroit, comme vous dites. Et donc, globalement, la toupie doit pivoter sans discontinuer sur sa pointe en retardant le plus possible le moment où elle va vaciller, perdre l’équilibre et finalement s’abattre brutalement sur le flanc.

    Valérie. – Voilà. Et tandis que nous parlons, la toupie de Popaul offre, je crois qu’on peut d’ores et déjà le dire, une prestation de très haut niveau.

    Sonia. – Oui, la toupie de Popaul est dans une forme exceptionnelle. Elle tourne avec une belle constance dans le sens anti-horloger.

    Valérie. – On sent une détermination sans faille. Elle sait où elle va, et elle y va.

    Sonia. – Ça tourne, ça tourne toujours, ça continue de tourner… On vit là un grand moment dans l’histoire du lancer de toupie. C’est un spectacle assez unique… Quasi hypnotique…

    Valérie. – … Voire un peu chiant sur les bords.

    Lire la suite

  • PlayLab - Bulles

    Une femme (Une) fait des bulles de savon, tranquillement installée. Arrive une seconde femme (Deux), qui s’installe à côté d’elle et se met elle aussi à faire des bulles. Malaise. La deuxième femme calque ses mouvements sur la première, qui marque une exaspération croissante.

     

    Une. – Excusez-moi.

    Deux. – Oui ?

    Une. – Excusez-moi, est-ce que vous pourriez arrêter de faire tout ce que je fais ? Ça me gâche mon plaisir.

    Deux. – Ah ?

    Une. – Merci.

    Deux. – Je ne m’étais pas rendu compte. Pardon. Je vous ai vue, là au soleil. Vous aviez l’air si heureuse. Ça m’a donné envie. Et puis, en vous regardant faire des bulles, je me suis dit que moi aussi…

    Une. – Eh bien, faites des bulles si ça vous plaît. Simplement vous pourriez aller là-bas, plus loin. Ailleurs, quoi !

    Deux. – Vous me méprisez, n’est-ce pas ?

    Une. – Pardon ?

    Deux. – Oui, je vois bien que vous me méprisez. Oh, je peux comprendre : c’est grotesque d’imiter les gens.

    Une. – Mais arrêtez, je n’ai pas dit ça.

    Deux. – Déjà quand j’étais petite, je voulais avoir tout ce que les autres avaient, faire tout ce que les autres faisaient. Aucune personnalité. Et pourtant, si vous saviez comme je voudrais avoir des idées originales. Donner à quelqu’un l’envie de faire comme moi. Ah çà !… Mais je n’y arrive pas.

    Une. – Vous vous rabaissez inutilement.

    Deux. – Oh non, je m’en rends bien compte. Tenez, tout à l’heure encore, mes bulles ressemblaient cruellement aux vôtres.

    Une. – Bien sûr, mais…

    Deux. – De pâles copies, presque des caricatures !

    Une. – N’exagérez pas. Moi j’ai trouvé vos bulles… très réussies.

    Deux. – Vous dites ça pour me consoler mais je sais qu’au fond vous ne le pensez pas vraiment.

    Une. – Mais si, voyons ! Vos bulles ont une beauté… toute personnelle.

    Deux. – Vous croyez ?

    Une. – Elles reflètent votre fragilité… votre sensibilité si désarmante…

    Deux. – Comme vous semblez me comprendre. J’aimerais tant que ce soit vrai.

    Une. – Mais c’est vrai ! Allons, soufflez encore un peu. Refaites-moi quelques jolies bulles.

    Deux. – Je n’oserais plus.

    Une. – Allez-y, je vous le demande.

    Deux. – Alors seulement pour vous faire plaisir. (Elle fait timidement quelques bulles.)

    Une. – Eh bien, vous voyez. Celle-là, cette petite dernière, elle est toute mignonne. Toute originale. Personne d’autre que vous n’aurait pu la faire, elle est votre œuvre.

    Deux. – Oh, mince alors. Et moi qui la laisse filer.

    Une. – Vous en ferez d’autres. Autant que vous voudrez ! (Elle s’en va.)

    Deux. – Vous partez ?

    Une. – J’ai rendez-vous chez le dentiste.

    Deux. – Je peux venir avec vous ? (Elle la suit.)


     

    Lire la suite

  • PlayLab - Rubik's Cube

    L’un. – Le gars qui a créé le Rubik’s Cube, en fait, bon, qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

    L’autre. – Qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

    L’un. – Ouais, il a voulu transmettre un message à l’univers. Genre une philosophie, tu vois.

    L’autre. – Carrément ?

    L’un. – Carrément ! Parce que toi, tu es là en train d’essayer de remettre le blanc avec le blanc, le vert avec le vert, le rouge avec le rouge…

    L’autre. – Le jaune avec le jaune…

    L’un. – Mais le Rubik’s, lui, ça le fait marrer. Il n’a pas peur, le Rubik’s, il se fout de ta gueule.

    L’autre. – Dis donc, faut qu’il se calme !

    L’un. – Parce que, dis-toi bien : même avec un côté tout blanc, puis un autre tout vert, puis un autre tout jaune, le Rubik’s Cube, ben il continue à servir à que dalle... Et c’est ça qui est fort !


     

    Lire la suite